Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 15:15

Mon terrain de jeu...


Par Clem
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 15:18

Au détour d'un sentier, sous le couvert de sapins, sur les rive d'un lac aux eaux vertes...




Par Clem
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 16:59

Dernière matinée dans le Wyoming. Petit déjeuner café, pancakes et sirop d’érable avec Jack sur la terrasse baignée de soleil. Splendide. Il me reconduit ensuite à l’arrêt Greyhound. Et de nouveau, la route, l’errance. Et les rencontres.

Greyhound n’ayant pas jugé nécessaire d’affréter un bus pour conduire chaque jour quelques aventuriers téméraires entre Idaho Falls et Jackson, c’est à bord d’un minibus que je quitte ma retraite verte et sauvage du  Wyoming. J’ai rendez-vous avec la Civilisation dans le Colorado. Drôle de blague, hein. Allen est assis derrière son volant pendant que je taille une bavette avec Rob, l’autre passager. La soixantaine - peut être la cinquantaine, difficile à dire -, la barbe roussie et des yeux qui en ont vu. Rob, on lui a promis du boulot dans le Wyoming, alors il a quitté l’Alaska en bus pour venir travailler. Mais à son arrivée, il a trouvé porte close. Le tuyau était percé. Pas démonté, il repart dans l’Idaho, «faire les cerises». Et après, il reprendra un bus vers l’Alaska, à temps pour les campagnes de pêche. Je fais un somme pendant qu’il finit un roman policier.

Arrivé à Idaho Falls, il me souhaite bonne route et disparaît. Le temps de me brosser les dents et de causer avec une vieille dame qu’un autre bus m’emporte déjà vers Salt Lake City, Utah. Il est 4:25pm, quatre heures à attendre. Pas assez pour se contenter d’attendre comme un con, trop peu pour payer une consigne et aller se balader en ville. Mais largement assez pour rencontrer d’autres Voyageurs. Une femme sans age porte sous son bras un livre de photos prises dans les déserts de l’ouest américain. Elle peint ces paysages. Je feuillette les pages pendant qu’elle s’extasie. «Isn’t it lovely ? Very pretty ! Fabulous...». Puis un  colosse en salopette déchirée. Il attend depuis ce matin déjà un bus pour l’Alabama. Il a joué pro pour les Dallas Cowboys au début des années 1990 avant de raccrocher son casque suite à une grave blessure - il me montre une longue cicatrice lui barrant le torse. Depuis, il va de petit boulot en petits boulots. Il était à Salt Lake City pour monter des échafaudages et s’en retourne maintenant dans le Sud, son contrat terminé. Deux policiers juchés sur leur vélo traversent le hall d’attente. Pourquoi pas. Dehors, le soleil commence à descendre dans le ciel rose.

8:15pm. Le bus finit par arriver. Mais à la vue de la foule pressée de se rendre dans le Colorado, un seul bus ne devrait pas suffire. Problème récurrent chez Greyhound. Cette méthode est appelée overbooking. Elle consiste à vendre plus de billets que de places disponibles, quitte à faire venir d’autres bus après. Et quitte à faire attendre les passagers. On attend donc. Un second bus arrive, je suis parmi les heureux élus. Mais le Cowboy balafré devra attendre, encore.

J’allais vivre une des nuits les plus étranges - et éprouvantes - de mon existence, mais je ne le savais pas encore. Pour le moment, le Lévrier s’enfonçe dans la nuit. Le hasard m’a donné Scott pour voisin. Un phénomène. Parti de Seattle, il se rend à Dallas pour rendre visite à sa copine. Il est passionné de magie - les magiciens européens ont sa préférence, et de loin - et est passé maître dans l’art de comprendre le comment d’un tour de magie, que ce soit le lapin sortant d’un chapeau ou la blonde coupée en deux. Il reconnaît tout de même que la magie américaine est en train de se faire une sérieuse réputation à travers le monde. Il aime également les séries télé, la politique, la musique, l’économie, l’informatique... Il passa une majeure partie de la nuit à me faire partager ses points de vue sur tous ces sujets. Et apprécia visiblement de pouvoir confronter son opinion - lorsqu’il me laissa placer quelques mots - avec quelqu’un venu d’over there, de là-bas. Puis il s’est endormi, tout naturellement. Il était 2:30am. Encore sous le choc du flot qui m’avait submergé des heures et des heures durant et - il faut le dire - gêné par le siège incliné de la pouffiasse assise devant, je restai éveillé.

 

Par Clem
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /Août /2009 15:42

Denver, Colorado, 6:30am. Enfin ! Encore dans un état de semi conscience, je fis confiance à mes sens pour m’aiguiller hors du bus puis vers la vaste salle d’attente de la gare routière. Je n’avais pas encore eu de nouvelles de mon hôte CouchSurfing. Et dans tous les cas, il était encore beaucoup trop tôt pour sonner chez une jeune fille. J’ignorais d’ailleurs jusqu’à son adresse et son numéro de téléphone. J’abandonnai donc à Scott mon «Rolling Stone Magazine» et m’acquittai de mon compte de sommeil en retard sur un banc. Pas confortable du tout mais diablement bénéfique !

Après un American breakfast arrosé de café, sac au dos et plan en main, je me lançai à la découverte de la grande ville. Coors Field, le stade de baseball, «home of the Colorado Rockies». Commons Park. 16th Street. Toujours aucune nouvelle de Katie. Bon... Je décide de me rabattre sur une auberge de jeunesse et de surfer sur le canapé de Katie à partir du lendemain seulement. Le Denver International Hostel devrait convenir. Bâtiment de briques rouges, lierre sur la façade, à quatre pas du capitole. «Le bureau est fermé, revenez à cinq heures !» me lance un vieux hibou aux épaisses lunettes. Je laisse mon sac dans un cagibi. J’ai deux heures devant moi, j’en profite donc pour visiter - c’est gratuit ! - le précédemment cité Colorado State Capitol. Le sénat et la chambre des représentants de l’état siègent sous sa coupole. Entre les arbres en fleurs, le dôme recouvert d’une pellicule d’or irradie sous le soleil de l’après-midi. Sur une marche du perron, une inscription indique «One mile above sea level». Un mile [1609m] au-dessus du niveau de la mer ! Ca a beau être un peu bling-bling ces colonnes ioniques, ces dorures et ces galeries de portraits; mais ça reste impressionnant ! Poursuivons la visite par le Colorado History Museum. Le bâtiment retrace - et conserve - l’histoire la ville, de la ruée vers l’or jusqu’à Jack Kerouac sur la route de San Francisco.


Retour à l’hostel. Le hibou me montre ma chambre, on y accède par l’escalier de secours, à l’extérieur. Une dizaine de lits superposés, une petite cuisine à la propreté douteuse et un cabinet de toilette à la propreté très douteuse. Enfin, pour $13 la nuit ! Et là, enfermé entre ces murs, je retrouve un petit bout d’Europe. Fran est espagnol, Ramon et Ferdinant sont néerlandais, Alex est biélorusse. Des voyageurs, eux aussi. Seul David est américain. On lui a promis du boulot à l’aéroport de Denver, et depuis, il attend. Lui aussi. Le soir est venu. David est sorti boire un verre et regarder du hockey à la télé. Assis sur le balcon, les Européens mangent et boivent quelques bières. Ils regardent la pluie tomber. Lorsque David rentre, il est manifeste qu’il n’a pas bu qu’un seul verre. Il chancelle appuyé au balcon, tente de s’exprimer puis s’endort. On finit la soirée devant un film, avec deux Anglaises.

Par Clem
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /Août /2009 16:27

Contact est pris avec Katie, elle travaille jusqu’au soir, elle me rappelle quand elle sort. En attendant, le Denver Art Museum est gratuit pour la journée. Je flâne dans les galeries, entre peintures anciennes, art des cinq continents et sculptures contemporaines. Je finis par une «Psychedelic Experience», une exposition temporaire offrant toute une collection d’affiches de concerts réalisées dans les Sixties. Coloré, lumineux, attirant ! Alors béat devant un live chamarré et envoûtant du Jefferson Airplane, je suis jeté dehors par un gardien. Le musée ferme, il est 5pm.

De retour dans le présent, je me retrouve au milieu d’une multitude de stands, emporté par une foule compacte vers des notes de musique. La Peoples Fair, la Foire des Peuples,se tient ce week-end là dans les jardins du capitole. Au programme ; art, artisanat et cuisine du monde, et concerts ! Je suis assis devant un groupe de funk électrique et électrisant, une crêpe chocolat à la main, lorsque Katie se rappelle à mon bon souvenir. «OK, j’arrive !». 

Je sonne une petite demi-heure après, quelque part à proximité de Ogden et de la 20ème Avenue. Passé le grillage, un jardin en friche illuminé de fleurs sauvages et un porche décoré de fanion tibétains, de carillons et de nichoirs à oiseaux. Katie ouvre la porte ; la vingtaine, des tatouages tribaux le long des bras et des colliers indiens autour du cou ; les cheveux courts, couleur argent. Elle est en serviette, elle sort de la douche ; je pose mon sac dans le salon. Un jazz funky descend par l’escalier, une odeur d’encens flotte dans la pièce sombre, un chien sommeille dans un fauteuil fleuri. Lorsque Katie redescend, on boit une bière, assis sur le perron. Un écureuil pressé traverse le jardinet.

Du temps est passé. Jessie passe nous chercher, on s’arrête devant chez Beth et on continue. On rejoint un barbecue, des bières fraîches et un jardin ombragé. Le cercle autour de la table s’élargit, on sociabilise, un hamburger à la main. La nuit tombe, le cercle déménage à l’intérieur, assis dans la moquette, enfoncé dans des fauteuils clubs ou appuyé à la rambarde du balcon. Christina sort un vieux Pola et demande à James Dean de poser avec tout le monde. Clic-clac-bzzz. Il est temps de se lever, on sort dans la nuit. Le temps d’enfourcher des vélos qui grincent et on pédale vers un autre cercle. A l’occasion de l’anniversaire de Liz, une petite société s’est réunie sur le toit d’un immeuble. Des braises rougeoient encore et un disque de rock tourne en rond sur un pick-up. Dans le ciel étoilé, une lune ronde jette un halo blanc sur les façades de briques et les montagnes aux alentours. Chaque convive est déguisé ; Liz en Nancy Sinatra - ça lui va à ravir, un bagnard, une fée de la forêt... Le disque cesse ses petits tours, un type habillé en chat se lève. On descend du toit et on roule à nouveau. Notre gang de cycliste entre dans un bar. Concert, bières. Katie sort un flacon de son sac de cuir clouté et s’envoie un comprimé blanc au fond de la gorge. Le nom m’a échappé ; pas compris, pas retenu. Jessie et Beth font de même. Un autre groupe s’empare de la scène, d’autres bières rejoignent la table. 2am, le bar ferme. On rentre à la maison. Une pipe passe de main en main, les effluves d’opium viennent se mêler au nuage d’encens. Je m’endors sur le canapé du salon, un chien blotti contre moi.

Par Clem
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